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Certains artistes cherchent l'atemporel, parce que selon eux plus signifiant. Ce n'est pas le cas de Martine Goussard qui elle, au contraire, inscrit fermement sa toile dans la temporalité. Une temporalité certes dessinée par sa sensibilité, donc particulière, mais aussi et d'abord un espace aux signes indiscutables. Ainsi de sa toute nouvelle œuvre, ces grosses pivoines
joliment dessinées, tout autant écho d'une (manu)facture chinoise que d'un contact (voyage, amant? - le syndrome Duras?) personnel avec l'Orient. Martine G. ne triche pas, elle va droit au motif. Et l'on pourrait n accorder à ce qui est montré qu'une attention polie. N'était cette silhouette au premier plan, cette jeune femme, évidemment moderne, habillée en Dootens, qui de son allure décidée renvoie le motif floral au rang des rengaines picturales. Et le style pompier s'abolit au profit de cette flamme de vie qui passe, brûle, dévore et du même coup installe la peinture dans la manifestation d'un instant unique. Nous sommes ici au bord d'une autre peinture, dont Martine Goussard nous dessine les prodromes. Heureux ceux qui auront connu cette aube. Mais étroite est la voie où l'on espère pourtant que d'autres bientôt s'engageront avec elle.

Pierre DAGUERRESSAR.

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