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     La sérénité est étrangère à l'univers de Martine Goussard.

     Elle met son adresse à déranger quand elle aborde des sujets politiques. Mais je préfère ce mal de vivre qu'elle exprime dans ses paysages ou ses natures mortes. Suite de toits dans une ville, rangées de tubes de peinture, les couleurs sourdes, l'absence d'être humain, l'espace fermé assiègent le spectateur, appâté d'abord par le mystère. Quant aux masses rocheuses érigées dans le vide, elles menacent jusqu'aux bâtisses réfugiées à leurs pieds, avec une violence d'autant plus oppressante qu'elle est suspendue.

     Martine Goussard ne se sent prisonnière d'aucune école de peinture, ni d'elle même. Soucieuse seulement de la liberté de son regard inquiet, son style varie. Mais en nous livrant avec force son angoisse, elle fixe plus d'une fois la nôtre, nous délivre.

             Michel Desbastides                                                                                 

  Ecrivain - Créateur (avril 2010)

 

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